Evolution de l’arbitrage au féminin
Sylvie Borrotti
samedi 7 octobre 2006
Sylvie Borrotti, arbitre internationale, nous donne son point de vue sur l’évolution de l’arbitrage au féminin.
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L’ARBITRAGE AU FEMININ DANS LE HANDBALL
(Sylvie Borrotti)
Hier, aux Jeux Olympiques de Munich, 15% d’athlètes féminines participaient à 43 épreuves sportives et le Handball était entre d’autres, une discipline qui ne leur était pas ouverte.
Hier, on ne parlait pas d’arbitrage féminin, pour la simple raison qu’il n’y avait pas de femmes arbitres. L’arbitrage était une fonction jusque là réservée aux hommes, d’ailleurs, pour appuyer cette affirmation, le dictionnaire de la langue française ne décline le mot « arbitre » qu ‘au genre masculin.
L’arbitrage était à l’image de la société, où la plupart des activités était organisée, gérée et assumée essentiellement par des hommes.
Hier, les femmes étaient garantes de la structure familiale.
Aujourd’hui, aux Jeux Olympiques de Sidney par exemple, 38% des athlètes étaient des femmes et le programme olympique est passé à 120 épreuves, dont le handball féminin, devenu épreuve olympique depuis 1976. Pour la 1ère fois, une paire d’arbitres féminins est désignée pour officier sur les rencontres ( sur 24 ).
Aujourd’hui, la liste des arbitres et juges sportifs de haut niveau en dénombre 253 pour 35 disciplines, dont 19 femmes, ce qui représente 8%. La Fédération Française de Handball recense environ 10% de femmes arbitres. En 1997, Odile ma collègue et moi-même sommes devenues les 1ères arbitres internationales françaises en même temps que 5 autres paires européennes et les premières à accéder au haut niveau français.
Aujourd’hui, l’arbitrage est toujours à l’image de la société : une société en mutation dont deux des objectifs sont d’accepter les différences et de respecter l’égalité des pratiques entre les hommes et les femmes.
Aujourd’hui, les femmes ne sont plus les seules garantes de la structure familiale et elles conjuguent au quotidien la famille et leurs aspirations personnelles.
Malgré cette évolution, le chemin qui mène à la reconnaissance des femmes dans l’arbitrage est toujours escarpé.
Notre parcours a évolué en même temps qu’ont évolué les mentalités. Mais il a été parsemé de barrières qu’il a fallu ouvrir au fur et à mesure.
Les mentalités sont parfois des poids lourds à supporter et il nous reste de nombreux préjugés à combattre. Des préjugés machistes conduisant à dévaloriser à priori notre arbitrage ( « les femmes au volant = les femmes au sifflet ou « pour être arbitre il faut en avoir ! ») ou bien alors, d’une manière condescendante ou paternaliste, à nous enfermer dans des stéréotypes réducteurs ( ex : notre particularité physique ne nous permet pas d’arbitrer à haut niveau ).
Et même si tout le monde accepte aujourd’hui la pratique du sport par les femmes, l’arbitrage soulève encore quelques scepticismes ( ex : « que disent vos maris, cela ne pose pas de problèmes ?, Ce n’est pas trop dur quand vous arbitrez des hommes ? » ).
Anciennes joueuses, quand nous avons décidé de devenir arbitres, nous n’avons pas pour autant renoncé à notre féminité. Notre 1ère motivation n’était pas de faire comme les hommes, mais de continuer à vivre notre passion du handball en se réalisant au travers de l’arbitrage et contribuer, comme tout arbitre, à défendre les valeurs de notre sport.
Chacun s’accorde à dire qu’il est difficile de susciter des vocations d’arbitres car la tâche est au combien ardue. Pourquoi alors freiner ces vocations émanant des femmes, sous le prétexte qu’elles ont des particularités physiques qui ne leur permettent pas de s’affirmer dans cette voie ?.
Il est donc primordial de faire progresser les mentalités pour faire la place qui revient à l’arbitrage féminin. C’est une tâche qui n’est pas seulement l’affaire des femmes, mais une tâche collective qui revient à tous ceux et à toutes celles qui sont impliqués dans le handball et plus spécialement dans le mouvement sportif.
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